Friday, 04 September 2009
Jo Ann von Haff, « Luena »
Nouvelle (VO: Bicho do Mato), Buràn - Ecrit en 2007, traduit par Cristina Galhardo et publié en 2007
Lorsqu'un enfant des villes rencontre un enfant de la brousse...
« Mentre guardavo dal finestrino, la mia mente era andata in ebollizione. L'aereo stava per atterrare a Luena. Guardavo giù e dimenticavo le vertigini. La mia vita si trovava a chilometri di distanza, ed era come Luena: una città distrutta dalla guerra e dall'abbandono di quelli che la governavano, una città che, nonostante tutte le ricchezze naturali, non smetteva di piangere e soffrire...»
J'étais en train de parler avec un ami italien, et je me suis rendue compte que je ne lui avais pas dit qu'un de mes textes était paru dans une revue littéraire italienne. Lui que se plaignait de ne comprendre que 70% de français (les 30% restants sont pour mon italien, ça va de soi), il m'a laissé en plan et est parti lire "la chose".
Ses réactions: "Je ne sais pas le combien la traduction est fidèle, mais j'ai eu des frissons."
(Je fais confiance à ma traductrice! :D)
« Luena »
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Saturday, 29 August 2009
Jo Ann von Haff, « La Fierté »

Nouvelle, La Revue des Ressources/Photsoc - Ecrit en 2008, publié en 2008
Une jeune fille écrit à sa grand-mère et lui pose la question: qu'est-ce que la fierté ?
« (...) Je ne saisis pas la réelle signification du mot « fierté »... La définition du dictionnaire, qui parle d’un « sentiment élevé de sa propre valeur », est obsolète. Aujourd’hui, « fierté » est un mot banalisé, un mot qu’on utilise pour montrer qu’on n’a pas honte. « Je suis fier d’être noir », « je suis fier d’être européen », « je suis fier d’être hétérosexuel »... Scander sa fierté est devenu une arme parmi tant d’autres contre les obstacles, contre les préjugés. Vous ne m’aimez pas parce que je suis comme ça, mais tenez-vous bien car je suis fier ! Ça ne veut rien dire, grand-mère ! Explique-moi comme si j’étais un enfant qui ne comprend rien... fais-moi un dessin. (...) »
En 2008, La Revue des Ressources s'était associée au festival PHOTSOC pour une collaboration mots et photos sociales, "un dialogue entre écrivains et photographes". J'ai pu y participer et la photo que j'avais choisie (lhomme derrière les barreaux, sur la droite) était signée Luca Ferrari. Elle m'a inspirée « La Fierté », sortie le 26 septembre 2008.
Le thème n'avait rien à voir avec la réalité et la force de la photo (on avait à choisir les photos sans connaître le contexte), mais je crois qu'on peut être pris par cette image de mille et unes manières tellement elle est forte (ainsi que nombreuses des photos de Ferrari).
Le 14 novembre 2008, je recevais dans ma boîte à lettres, une énorme enveloppe de la Ville de Sarcelles qui m'attendait. A l'intérieur, le catalogue du Festival International de la Photographie Sociale... et dans les 110 pages: moi-je !

Le 27 août 2009, alors que j'avais presque oublié l'existence de ce texte, Gilles d'Elia m'envoie un e-mail pour me faire savoir qu'il m'avait citée dans un article au titre prometteur de Comment nous avons appris à chérir l'identité pour ignorer l'égalité. En le lisant, je me demandais ce que je faisais là-dedans, parmi les références comme Pierre Bourdieu ! Surtout en disant (à mon tour de citer) « Dans un magnifique texte intitulé « La fierté », l’écrivain Jo Ann von Haff s’interroge ». Moi qui doute tellement, je prends ce compliment comme un signe et je vais poursuivre ma route...
« La Fierté »

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Saturday, 01 August 2009
Jo Ann von Haff, « Till Death Do Us Part »
Recueil de poésie, Ladybirdism(s) Ink Media - Ecrit entre 2004 et 2005, publié en 2006, re-publié en 2009
Il y a deux ans, j'ai décidé de retirer mes recueils de poésie de la vente pour une raison que peut-être j'en parlerais plus tard. Ça m'a pris trois ans pour dévoiler la vérité sur Gazelle, il y a donc encore de l'espoir ! ;-)
Till Death Do Us Part (Jusqu'à ce que la mort nous sépare) est mon premier recueil, revu, corrigé et réduit d'une dizaine de poèmes. Depuis, trois autres ont suivi... Voici ce que vous pourrez lire en quatrième de couverture:
This Poetry Collection is about the classical 'girl meets boy, boy meets girl'. It was lovely, until it ended... tragically. They thought they would last forever, "but forever was too short". Every poem in this book is personal, very intimate, reflecting the feelings of the author during that relationship and utterly mourning.
Combien de millions de personnes vivent cette même tragédie ? Je ne sais pas. Mais beaucoup d'histoires, de projets, de rêves s'achèvent au bord de la route. En quelques secondes, tout bascule. Il y a autant de manières de faire un deuil que de "survivants". Ma manière à moi, était d'écrire après la mort ce que j'avais écrit avant.
Ce sont donc des poèmes personnels, intimes, écrits avec les yeux baignants de larmes, en anglais parce que je lui ai toujours écrit en anglais. Cette histoire continue de me hanter et je me sens toujours fébrile lorsque je lis/vois/entends parler des histoires qui se ressemblent à la mienne. C'est aussi pour ça, que je peux être (un peu trop) critique...
Ce sont donc des poèmes sur l'amour, la mort et le deuil que je vous livre... Mes poèmes.
« Till Death Do Us Part »
Téléchargement : 2€
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Thursday, 16 July 2009
Jo Ann von Haff, « Gazelle »
Roman, Editions Bénévent - Ecrit en 2003, publié en 2006
Non, ceci n'est pas de la promo, cela se saurait. Je ne sais pas me vendre, mais je sais très bien ne pas me vendre ;-)
Je vais vous parler de ma première incursion dans le milieu de l'édition, et oh, que c'était pas par la bonne porte ! Je ne cache pas cette étape-là (c'est marqué sur ma bibliographie), mais je n'en parle pas non plus. Voilà des années que je n'ai pas parlé de mon premier roman, Gazelle. Je l'aimais bien... il y a longtemps. Aujourd'hui, je l'assume moins.
Je l'ai écrit en portugais lorsque je vivais en Afrique du Sud. J'avais dix-sept ans, et une de mes cousines (de presque trente ans) le lisait en même temps. Elle adorait l'histoire et voulait absolument lire la suite, ce qui a fait que je termine très rapidement Ventos que sopram (Des Vents qui soufflent - oui, je sais...).
En arrivant en France, j'ai décidé de le réécrire en français (c'est devenu une habitude d'écrire dans une langue pour le réécrire dans une autre !). C'est devenu, sobrement, Gazelle, le surnom de mon personnage principal.
J'ai cru, du haut de mes 20 ans, que c'était un bon (voire très bon) roman et que j'allais faire un tabac. Le seul hic, c'est que je ne connaissais rien à rien de l'édition et de ce milieu si particulier. En 2002, je ne sais pas s'il y avait déjà des blogs sur l'édition comme aujourd'hui, le fait est que j'ignorais qu'il y avait une différence entre compte d'éditeur et compte d'auteur, et qu'il y avait de grandes pigeonnades...
Comme tant d'autres, j'ai signé avec les Editions Bénévent (ah ouais, ça calme tout de suite) en 2003. Entre la signature et la publication, il y a eu 3 ans (ça commençait mal, je sais, ça augurait rien de bon). Mais ce n'est qu'en 2006, lorsque la sortie approchait, que j'ai découvert les forums de lecture et les blogs... Je me souviens comme si c'était hier, de l'inquiétude de Thomthom et Cuné... et moi, trop naïve (encore et toujours), je répondais "mais non, ce n'est pas ce que vous pensez !"
Mea culpa. Vous aviez raison d'être inquiets !
C'est au moment de la sortie du livre, que j'ai tout appris. Il y avait des choses à faire et à ne pas faire. Je les ai faites, mais je ne savais pas. Je croyais, encore dans ma naïveté de fille de 20 ans, idéaliste, que c'était normal qu'on investisse dans son premier roman. Il y a bien des écrivains qui sont contents et continuent avec Bénévent - c'est le cas de l'écrivain suisse Valérie Debieux -. Mais c'était déjà trop tard pour regretter.
Je ne parle jamais de mon livre (aujourd'hui je fais l'exception suite à une discussion sur Facebook) parce qu'il n'est pas bon. Je ne le savais pas à l'époque mais je le sais douloureusement maintenant. Il n'y a pas eu un réél travail d'éditeur, personne pour guider une jeune fille qui lisait bien trop d'Harlequinades à l'époque (c'est bon pour passer le temps, mais sérieux... ce n'est pas à imiter. Non, non, je vous assure !). Il y avait déjà mon thème récurrent qui est le traumatisme psychique, mais il y avait aussi beaucoup de touches à l'eau de rose. Si je devais réécrire aujourd'hui, moitié de l'histoire passerait à la trappe. La ligne conductrice de la vengeance du personnage principal serait largement suffisant. Ensuite, je me suis corrigée moi-même. Ah, comprenez le massacre. Aujourd'hui encore je fais énormément de barbarismes et encore je me contrôle, imaginez à l'époque. Ce n'est que lorsque le livre est sorti que mes proches m'ont fait remarquer qu'il y avait de nombreuses erreurs qui alourdissaient le roman (qui était déjà bien lourd), ce qu'un correcteur aurait pu rectifier. Je ne parlerai pas de la promotion non-existante, car finalement, heureusement qu'elle n'a pas eu lieu... Après tout, je me voyais mal vendre un livre aussi mal fichu.
Aujourd'hui, je sais encore peu du milieu de l'édition, mais je sais suffisamment pour ne pas répéter les mêmes erreurs. Et pour les primoromanciers qui rêvent encore, n'achetez pas vos rêves, surtout si c'est si mal fait. On dénigre le CA, mais il peut y avoir du bon CA, avec correction et promotion derrière. Mais pour moi, j'ai déjà assez donné. Je ne donnerai plus. Surtout qu'ils n'ont même pas eu l'honnêteté de me dire que c'était un livre vraiment mauvais ! J'accepte (toujours) les critiques, j'apprends avec elles. Ça me prend du temps à accuser du coup, mais je les reçois.
En conclusion, oui, j'ai publié un roman. Mais je l'ai publié en compte d'auteur. Ce roman, je l'ai aimé lorsque j'avais 17 ans, mais il est vraiment mauvais et je ne veux pas qu'on dépense son argent pour lire un torchon signé à mon nom (en plus !). Si j'avais le temps, je le réécrirai en gardant les deux fils principaux de l'histoire: le traumatisme psychique (qui est devenu ma marque de création) et l'envie de vengeance de Gazelle. Le reste, tout est à mettre à la poubelle et à refaire.
Je n'en parle jamais parce que je ne veux pas qu'on le lise. Ce n'est plus moi (surtout le côté eau de rose, j'aime quand ça part en vrille ou se termine en point d'interrogation ou avec une ouverture gigantesque). J'aime écrire sur des choses qui font mal. Je n'ai pas envie de faire de la morale, mes romans ne sont pas/plus des fables.
La vie ne l'est pas non plus...
Xi-♥, moi.
PS: pour les primoromanciers, bon courage ;-)
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