Tuesday, 24 November 2009
Laura Kita Kejuo, « Comme une Odeur d'Ammoniac »
Nouvelles, La Plume des Orangers - Lu en septembre 2009
Ce matin du vendredi 21 septembre 2001, les Toulousains vaquent à leurs activités. Ils ne savent pas que quelques heures plus tard, leurs vies va changer de manière drastique. La catastrophe de l'usine AZF va les prendre par surprise. Aziz est en retard pour aller retrouver Aurore à la Place du Capitole. Il est toujours en retard. Annie et Diénéba sont à l'université où l'une passe au rattrapge et la deuxième attend pour passer sa soutenance. Mourad, le frère d'Aziz, travaille pour AZF. Ce matin, il est en retard. En plus, il oublie son téléphone portable à la maison. René et Jean-Christophe sont au bureau.
Lors de l'anniversaire de la catastrophe AZF, Laura Kita Kejuo publie son recueil de nouvelles parlant de Toulousains qui comme elle à l'époque ne se doutait pas qu'une catastrophe allait changer leurs vies. Ayant vécu plusieurs années dans la Ville Rose, Laura se sent toujours aussi proche de cette ville et a voulu lui rendre hommage. Comme dans Choc Temporel ou Délit Amical, nous sentons une nouvelle fois l'amour que l'auteur a pour cette ville. Précise dans ses emplacements, quartiers et autres détails de riverains, on voyage dans une ville que même si on connait pas ou très mal (mon cas), on s'y sent.
Les nouvelles attrapent les personnages en pleine action, prêts à partir travailler ou à l'université en cette fin d'été. On aurait dit une journée normale, avec les tracas habituels: retard, examens, rendez-vous, réunions... Ce qui choque avant toute catastrophe de toute origine est "tout était normal". J'ai aimé les quatre nouvelles présentées cependant, s'il y a un lien entre les trois premières, la quatrième tombe un peu comme un cheveu sur la soupe... On imagine que Mourad a rendez-vous chez Jean-Christophe (on imagine, hein), mais il n'y a pas de réelle connexion, alors qu'Annie et Diénéba ne croisent jamais Aziz et Aurore. C'est l'impression que j'ai, va-t-on comprendre.
Ce recueil est comme un roman choral, cela se passe au même instant, nous voyons différents points de vue dans différents quartiers de Toulouse, une ville qui vit grâce aux descriptions de Laura. Et c'est là toute la magie.
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Saturday, 14 November 2009
Tatiana de Rosnay, « Boomerang »
Roman, Editions Héloïse D'Ormesson - Lu en septembre 2009
Ce roman n'est pas mon préféré de Tatiana de Rosnay.
Antoine Rey emmène sa soeur Mélanie à Noirmoutier, pour célébrer les 40 ans de celle-ci dans les lieux des vacances de leur enfance. Ils ont cessé d'y aller, après la mort de leur mère. Pendant ce week-end, ils se souviennent de ces vacances, de la personnalité de leur père si différente de la présente, cette famille qui ne s'aime ou ne se parle pas. En tant qu'adultes, tous les deux ne sont pas au beau fixe non plus. Antoine est divorcé et aime toujours son ex-femme qui a retrouvé l'amour ailleurs, a des soucis avec ses ados d'enfants. Quant à Mélanie, elle est morose d'être arrivée à 40 ans, célibataire et sans enfants, alors qu'elle avait donné presque dix ans de sa vie à son ancien compagnon dans l'attente de plus.
J'ai lu ce roman sans savoir quoi attendre, et à la fin, j'attendais encore quelque chose qui n'est jamais venue.
Mais comme j'ai encore trois autres romans à découvrir... ;-)
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« Dernières Nouvelles du 87 #1 »
Nouvelles, Editions Héloïse D'Ormesson - Lu (et commenté) en juin 2008
Voici un cadeau de Tatiana de Rosnay qui n'est pas tombé dans les mains d'une ingrate ! Huit auteurs d'Héloïse D'Ormesson (Richard Andrieux, Raymond Clarimard, Abha Dawesar, Luke Davies, Eric Genetet, Catherine Locandro, Roman Rijka et Tatiana de Rosnay) se sont réunis pour écrire une nouvelle autour de l'appartement d'auteur de la maison, située le 87 Boulevard St Michel. Dans cet appartement, à côté de celui des bureaux, les écrivains sont invités à y ressourcer et à s'y isoler pendant l'écriture de leurs romans.
C'est plutôt difficile de noter un recueil de nouvelles alors que les styles sont totalement différents et certains complètement déjantés (comme Julie, la Fée et l'Hippopotame de Richard Andrieux). Mais ça a le mérite de faire connaître d'autres, comme Catherine Locandro, dont la nouvelle, Un Livre dans la Bouche, où elle met en scène son propre assassinat au 87, donne envie de lire son livre Les Anges déçus (quoique pas épais, à ce qu'il paraît). Celle de Tatiana met en scène des personnages de romans de la maison: Pascaline de sa Mémoire des Murs, Babyji de Dawesar, José d'Andrieux et il y a même l'allusion à Sarah... Certains détails m'échappent, mais tout comme Locandro, c'est un moyen de mettre en bouche la Mémoire des Murs avec Pascaline.
Ce livre n'a qu'un but: donner envie de lire les auteurs de la maison. Comme Locandro que j'ai ajouté à ma LAL (Envies cadeaux ça fait trop intéressée) et puisque c'est mon anniversaire bientôt...
« 87 » n'est pas à vendre, il est offert, et comme l'a dit Tatiana, je peux (et d'autres avec moi) frimer avec ;-)
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Wednesday, 04 November 2009
Marie-Christine Buffat, « La Piqûre »
Roman, Editions [MiC_MaC] - Lu (et commenté) en septembre 2007

Lou et Carlos ont une relation houleuse. Elle, Suisse et passionnée, lui Brésilien et peintre de talent. Ils s'aiment, à n'en pas douter, mais Carlos mène une double vie dans le sens où tout lui est mystère pour Lou qui lui pardonne ses mensonges et ses trahisons bien malgré elle. Après une discussion, comme une autre, à cause de flagrant délit de mensonge, Lou rentre chez elle sans pour autant lui avoir donné la supposée bonne nouvelle: elle était enceinte.
Le lendemain, elle décide de faire la paix avec Carlos, et repart chez lui... pour le retrouver mort dans la baignoire, sous l'eau et les poignets tailladés. Alors que tout démontre le suicide, Lou ne peut pas s'y résoudre. Elle ne veut pas se sentir coupable de la mort de son amant, et elle est presque certaine qu'il a été assassiné.
Épaulée par sa grande soeur Nicole, qui l'avait déjà materné à la mort de leurs parents, de Daniel son ami d'enfance secrètement amoureux d'elle, et avec l'acharnement de l'inspecteur Charles Rouzier, on découvrira les pourquoi et les comment de tant de secrets.
J'ai été conquise par l'écriture de l'auteure dès le premier paragraphe. Comparé à Depuis que tu es partie (le septième roman de Carlene Thompson) qui avait des lourdeurs d'un premier roman, le premier roman par de Buffat par contre, avait l'allure d'un septième ! Je n'ai pas réussi à le poser tant que je ne terminais pas. Même si j'avais découvert ce qu'il s'était passé le soir de la mort de Carlos et même si j'avais deviné aussi les problèmes financiers issus en mars 2002. C'était presque évident (en tout cas pour moi), mais toutes les hypothèses étaient bien plausibles.
Sait-on jamais? ;-)
La dernière page m'a donné le frisson ! J'aimerais bien savoir ce que l'auteure avait derrière la tête... ! (MAJ: je sais ;-))
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Tuesday, 27 October 2009
Marie Olivier-Ziglioli, « Mensonge & Abandon »
Roman, Pietra Liuzzo Editions - Lu en septembre 2009
Blog officiel
Ce roman est à mi-chemin entre le récit (comme La Bestiole) et le roman (comme La Fuite). En effet, Marie Olivier-Ziglioli raconte son histoire à travers d'une petite fille qu'elle a décidé d'appeler Isabel.
Isabel est la fille illégitime d'une femme mariée. Sur son certificat, il n'y a donc pas de père. Pourtant, Isabel grandi avec lui et ses frères et soeurs (qui ont tous l'âge d'être ses parents). Avec lui, elle a une enfance insouciante. Mais à sa mort, sa grande soeur les chassent, sa mère, ses frères et elle, et les années difficiles commencent, dans la misère. La mère d'Isabel décide alors d'émigrer clandestinement en France la laissant chez une famille d'accueil.
Marie Olivier-Ziglioli nous explique donc son enfance douloureuse, dans un Portugal du temps de Salazar et des guerres des colonies (oh, l'Angola !), dans un village du nord du Portugal. On a presque envie de prendre la petite Isabel par la main et l'emmener dans de chaudes contrées. On a peur pour elle, on s'énerve contre les autres (comment est-ce possible d'être aussi avare ?).
En sachant que c'est du vécu, c'est encore plus dur. J'ai bien fait de commencer par La Fuite ! L'histoire est compliquée, mais ce n'était que de la fiction !
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Tuesday, 13 October 2009
Marie Olivier-Ziglioli, « La Fuite »
Roman, Editions Volpilière - Lu en septembre 2009
Blog officiel
Premier roman que je lis de Marie "OZ" que j'ai découvert à travers La Bestiole. Laissant de côté cette voix drôle qui dédramatise dans son témoignage, la plume de romancière de Marie nous emporte dans un voyage vers l'inconnu.
Maud Fontaine, une avocate versaillaise, a vu sa vie basculer un mois plus tôt à la mort de sa petite fille dont elle se sent coupable. Sans dire un mot à son père ou à son compagnon, elle prend la voiture et roule vers le sud. Elle arrive à Nice où elle décroche un travail de serveuse dans un restaurant, se lie d'amitié avec Dumè, saisonnier corse et finit par le suivre sur l'Île de Beauté où il ouvre son propre restaurant.
Marie nous mène dans un voyage à travers la France, de Versailles en Corse en passant par Nice, mais non seulement. Elle nous mène dans la route de la vie, dans les sentiments de culpabilité d'une mère qui se croit coupable de la mort de son enfant, de sa fuite sans laisser de traces... Maud tente de commencer une nouvelle vie, mais comment commencer cette vie s'il n'y a aucune page tournée dans la précédente ?
Maud fait de tout pour fuire son histoire, son passé, sa vie, son enfant, ceux qu'elle laisse derrière, et tente de ne penser à rien d'autre que l'essentiel: travailler, manger, dormir, courrir, nager, se fatiguer, s'oublier. Cette envie de ne penser à rien d'autre la fera être au centre d'une enquête policière concernant ses patrons...
J'ai beaucoup aimé l'écriture de Marie (loin de la plume autobiographique) de qui je me sens proche (tant la personne comme l'écriture). Au niveau de comment elle voit évoluer son histoire, je tente de faire de la même manière (avec évidemment moins de réussite !). Mais je compte continuer de la lire ! J'ai bien aimé ce joli roman même si j'ai trouvé l'enquête un peu étrange, à vrai dire... comme si les coïncidences ne me paraissaient pas naturelles, je ne sais pas pourquoi.
Pour commander, allez sur la boutique de l'éditeur.
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Saturday, 03 October 2009
Jean-Christophe Camus & Olivier Tallec, « Negrinha »
Roman graphique jeunesse, Gallimard Jeunesse - Lu en mars 2009

Grâce à un jeu chez Tamara et ultérieur tirage au sort, j'ai eu droit à Negrinha de Jean-Christophe Camus (fils d'un Français et d'une Brésilienne) et d'Olivier Tallec.
Dans cette BD (ou roman graphique ?), ils racontent l'histoire de Maria, une jeune métisse carioca, élevée par sa mère noire, Olinda, dans les beaux quartiers de Rio de Janeiro dans les années 1950s. Olinda est issue de la favela où elle n'a pas mis les pieds depuis bien des années. Elle est femme de ménage. Maria va dans une bonne école et a des cours de danse, et côtoie les jeunes Blanches qui ont des babás (=nourrices) noires et automatiquement, lors de la fête d'anniversaire de Maria, elle assume que Olinda est sa babá. Étonnée, Maria explique que c'est sa mère, et lorsque cette dernière a vent, elle dit à sa fille qu'elle aurait dû dire que oui... elle aurait dû dire que c'était la babá...
J'ai grandi avec la culture brésilienne. L'Angola et le Brésil sont considérés des "pays frères", l'un en face de l'autre des deux côtés de l'Atlantique. Il y a plus que la langue qui nous unit, il y a la capoeira (d'Angola) et la samba (qui vient de notre semba) qui viennent des esclaves d'Angola, il y a l'histoire, nos coutumes, et même la religion (le Candomblé est une religion afro-brésilienne). Au-delà des telenovelas (=feuilletons), j'ai grandi avec la musique, les livres, la nourriture, les encas, et le pays en soi. Une de mes soeurs est brésilienne, mais son métissage est différent: sa mère brésilienne est blanche.
Je sais de fait que même si cette histoire se passe dans les années 1950s, elle ne cesse d'être la réalité d'un pays original dans sa construction, un métissage dans tous les sens, les Blancs, les Noirs, les Amérindiens... Un pays riche dans ses origines et dans son histoire, comme le dit le grand Gilberto Gil en préface.
Mais c'est un pays tout aussi riche en complexes et en honte.
Olinda croit sincèrement qu'elle aidera sa fille dans son avenir, dans son intégration parmi les Blancs. Cela signifierait enfin son ascencion sociale. Comme elle le dit, Maria n'est pas une negrinha des favelas (= petite Négresse des bidonvilles), mais une moreninha (=Brune) des beaux quartiers et du coup, elle n'a pas à se mêler aux pauvres (personnalisé par Toquinho, le vendeur à la sauvette analphabète) et à la favela, même si c'est la famille. Ce n'est pas important. Elle est suffisamment claire de peau et fait de bonnes études pour être "sauvée" de ce mal qu'Olinda a eu tant de mal à quitter, en faisant du ménage. Mais quand Maria découvre que sa famille est noire et pauvre, elle qui pensait que sa mère était seule au monde, elle veut les connaître, en savoir plus. Elle n'éprouve pas la honte que sa mère ressent.
Cependant, l'inverse de l'histoire existe. Olinda veut à tout prix que Maria dise à ses amies blanches que ce n'est pas sa mère mais sa babá. Mais dans la vraie vie existe des cas où ce sont des petites Maria, tellement claires de peau qui refusent de dire que leur mère est noire, et proclament sans honte que c'est la femme de ménage ou, encore une fois, la babá. Mais la génétique peut parfois faire justice à sa maière, parce qu'aussi clair de peau qu'on peut être, les enfants de Métis seront aussi métis, et ils pourront se ressembler plus à la famille reniée qu'à la famille blanche (ouh, surprise !). Je ne saurais dire les statistiques mais quelques cas existent, et ils font partie de la réalité brésilienne.
Quelques fois, les telenovelas (il y a les feuilletons historiques à 18h - avec des robes d'époque, tout ça tout ça -, des feuilletons farfelus avec des histoires à rebondissements absurdes, faits pour rire à 19h, puis les sérieux avec thèmes d'actualité - SIDA, cancer, discrimination, favelas, handicap, tout ça tout ça - à 20h) de 20h en parlent. Je me souviens d'un feuilleton en particulier (Anjo Mau, 'Mauvais Ange') où Paula, fille (Alessandra Negrini) de Teresa, une Métisse (Luíza Brunet) mariée à millionnaire blanc apprend que sa grand-mère Cida (Léa Garcia) est noire et a une crise d'angoisse lorsqu'elle envisage de tomber enceinte: comment naîtra l'enfant ?!
J'ai beaucoup apprécié cette BD, toujours d'actualité, sur une des faces cachées (et honteuses) du métissage...
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Vikas Swarup, « Les fabuleuses Aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire »
Roman, 10|18 (VO: Q&A) - Lu en février 2009
D'autres articles sur Vikas Swarup

Commençons par le début, will ya ? Comment ça se fait qu'un livre dont le titre original ne contient que trois lettres (ou deux lettres et demie pour les plus regardants) et qui veut juste dire "questions et réponses", s'est vu baptisé avec un titre qui ferait deux fois le tour du livre si on n'avait pas sauté des lignes ?!
Sinon, ça faisait des mois (et des mois) que je voulais lire ce livre en VO, mais ce n'est qu'en arrivant à la montagne que je me suis dit pourquoi pas. Je n'ai pas la télé, donc lorsque j'ai vu le bandereau "slumdog millionaire", je ne savais pas que l'adaptation était déjà à l'écran. J'ai eu du mal à regarder le JT ces derniers temps (alors que je suis accro aux Infos) à cause de la connexion, mais c'est après que j'aie vu le livre au centre culturel de Bourg Saint Maurice, que j'ai commencé à (rece)voir des informations à propos de Slumdog Millionaire. Donc, la fois suivante, en descendant en ville, je l'ai pris.
Ram Mohammad Thomas est un orphelin qui à l'âge de 18 ans a déjà vécu plusieurs vies. Éduqué par le Père Timothy (prêtre britannique) pendant ses huit premières années, il apprend à écrire, compter et surtout parler en anglais. Il connaît toutes les religions de son pays, mais n'appartient à aucune.
Le roman commence lorsqu'il est arrêté pour avoir gagné l'émission 'Qui veut gagner un milliard'. Comment un enfant de rue pouvait connaître les réponses des douze questions sans pour autant avoir fait des études ?! Mais l'explication est simple... Dans ses multiples vies antérieures (comme les chats !) se cachaient les réponses à toutes ces questions et d'autres encore. Et puis, il faut se méfier du karma...
C'est un lecture extra. Elle avance toute seule et Vikas Swarup a sa manière à lui de raconter l'histoire. Mine de rien, au gré des balades de Ram, on apprend (beaucoup) sur l'histoire de l'Inde, Bollywood, le Taj Mahal, le sport, et une quantité de choses. A chaque flashback, on se demande "qu'est-ce qu'on va apprendre ce coup-ci ?" et je m'amusais à me dire "tiens, la prochaine question, ils parleront de ça !". Je me trompais une fois sur deux, mais je ne pouvais cesser de sourire à chaque fois que je voyais les questions et les réponses. Même moi j'ai essayé de faire jouer ma mémoire (lorsque les réponses n'étaient pas évidentes et très India-oriented). J'ai hâte de voir Slumdog Millionaire maintenant !
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Lisa See, « Fleur de Neige »
Roman historique, J'ai Lu (VO: Snow Flower and the Secret Fan) - Lu en février 2009

Dès les premiers chapitres, j'ai failli m'arrêter de lire... Connaître de plus près la pratique des pieds bandés me donnaient les frissons. On dit en portugais, qu'il n'y a pas de rosas sem espinhos (des roses sans épines) dans la mesure où il faut souffrir pour être belle. Mais casser des os pour l'être dépasse mon entendement... surtout que c'est une coutume qui a duré au moins mille ans, et les femmes qui avaient de beaux "lis dorés" de sept centimètres pouvaient avoir de meilleurs mariages. Ciel, rien qu'en regardant des photos de pieds bandés (pratique courante jusqu'aux années 1950s), j'ai les frissons. Lisa See (qui a un huitième de sang chinois, précise-t-on) s'est longuement renseignée/étudiée, a longtemps voyagé à travers la Chine pour être au plus près de la réalité des femmes chinoises au XIXème siècle.
Fleur de Lis et Fleur de Neige sont des laotongs, des âmes-soeurs: des filles nées le même jour dont les pieds ont été bandés le même jour et dont les huit caractères correspondent. C'est rare d'avoir des laotongs. Ce sont des filles qui s'unissent dès leur plus tendre âge et qui signent un contract qui jure fidélité jusqu'à la fin de leurs vies. Elles s'écrivaient sur des éventails (fan) ou des mouchoirs des messages à l'écriture secrète, le nu shu, calligraphie que seules les femmes connaissaient.
Ce roman, c'est Fleur de Lis qui le raconte à la première personne. C'était une petite fille de paysans dont les pieds bandés parfaits et sa relation avec Fleur de Neige (fille de très bonnes familles) lui ont assuré un très bon mariage dans la plus grande famille du district. Mais ce qu'elle ne savait pas, et que sa famille et Fleur de Neige lui ont caché pendant dix ans, c'est que la famille de Fleur de Neige a été déchue et que Fleur de Neige n'a eu qu'un mariage avec un boucher. Même s'ils mangent de la viande, les bouchers sont une profession cible de mépris. Pendant que Fleur de Lis s'élève socialement, Fleur de Neige ne fait que déchoir...
J'ai failli pleurer de douleur en entendant les os des pieds se briser, j'ai failli pleurer lorsque Fleur de Neige acceptait son sort avec résignation, j'ai failli pleurer, lorsque Fleur de Lis s'est enfermée dans sa bulle et n'a pas voulu voir au-delà de sa maison et n'a pas compris ce que Fleur de Neige disait dans sa douleur (et que moi lectrice ait compris à la phrase dès qu'elle a été écrite). Je me suis énervée contre les deux, l'une pour ne pas comprendre, l'autre pour ne pas s'expliquer.
(PS: à un moment, Fleur de Lis dit que ses pieds, après bandages, faisaient 7 cm... c'est la taille de mon pouce !!!)
En tournant la dernière page du livre, où l'écrivain parlait rapidement de ses voyages d'étude et de ses recherches, J'ai lu présentait Noces indiennes de Sharon Maas. Et bizarrement, ç'aurait été mon propre choix si j'avais voulu comparer cette lecture à une autre qui m'ait touchée au même point. Je compte bien relire Lisa See.
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« Un Parfum d'Enfance »
Nouvelles, Editions Volpilière - Relu en février 2009
Je serais suspecte de commenter ce recueil de nouvelles. Donc je me dis juste commandez, c'est par ici que ça se passe ! ;-)
16 XII 2008 Et dans le courrier, il y avait ça ! Enfin en livre, les 7 nouvelles des lauréats du concours « Un Parfum d'Enfance » organisé par les éditions Volpilière ! J'ai eu l'honneur de faire partie du jury et merci à Elisabeth ;-)
Je dois avouer que des sept, six étaient dans mes favorites ! Si, si ! J'avais séparé les textes en plusieurs dossiers, et dans mes "beaucoup aimés", six d'entre eux. Je suis très contente. Bonne route et félicitations aux lauréats fraîchement publiés ! :-)
Pour commander, c'est par ici que ça se passe ! Un joli cadeau de Noël :-)
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