Friday, 20 November 2009

Audrey Parily, Totalement Givrée

Photo 07 Audrey Parily.jpg

Mes thèmes récurrents tourneront autour de la réalisation de ses rêves, ainsi qu'autour de l'expatriation parce que ça m'a vraiment changée de quitter la France et que c'est un sujet qui me tient à cœur.

Audrey Parily, Octobre 2009

 

Audrey Parily est encore inconnue en France. Cependant, cette native de Lyon vient de débuter sa carrière d’écrivain au Québec avec Passionnément Givrée, premier tome d’une trilogie qui tourne autour d’Isa, une Française expatriée dans la Belle Province.

 

Comme Audrey, Isa est française qui est partie au Québec faire ses études et a fini par décider de rester au Canada. « Ce sujet m'est venu naturellement pour mon premier roman parce que je le connais bien et que je suis d'avis que lorsque l'on commence, il faut écrire sur ce qu'on connait » explique la jeune romancière. « Quand je me suis installée pour écrire Passionnément Givrée, je me suis éloignée des sujets graves qui m'attiraient quand j'étais plus jeune [comme le viol, le deuil ou la Seconde Guerre Mondiale]. Je n'avais plus envie d'être sombre, j'avais envie de joie, de rire, d'amour et de rêve. Pour le moment, mes thèmes récurrents tourneront autour de la réalisation de ses rêves, ainsi qu'autour de l'expatriation parce que ça m'a vraiment changée de quitter la France et que c'est un sujet qui me tient à cœur. » Toutefois, Audrey n’exclut pas un possible retour à ses premières amours plutôt difficiles : « la seconde guerre mondiale m'attire beaucoup mais pour le moment, je ne m'en sais pas capable et je l'admets en tout humilité ce qui ne veut pas dire que je compte rester toute ma vie dans ma zone de confort. [Il] est important de se lancer des défis dans l'écriture, [mais] je connais [mes limites]. Je crois qu'un auteur qui reste tout le temps collé au même thème risque de devenir ennuyeux et de passer à côté de tas d'autres choses. » Manuscrit bouclé et envoyé, cette jeune romancière n’a pas eu à attendre longtemps avant de trouver un éditeur dans son pays d’adoption. « Je pense qu'il est plus facile d'entrer dans le milieu littéraire au Québec qu'en France. J'ai trouvé un éditeur en moins d'un mois. »

C’est à ce moment qu’Audrey décide de prendre un nom de plume et devient Audrey Parily. « Publier un livre est l'une des seules occasions dans la vie où l'on peut choisir soi-même son nom alors je n'ai pas hésité ! J'ai réfléchi plusieurs semaines avant de prendre Paris et Lyon, [car] Paris est la ville que je préfère au monde et Lyon parce que c'est ma ville natale et que je l'adore. » Cependant, cette renaissance n’est pas due uniquement à l’envie de se créer une nouvelle identité par vanité. « Je voulais dissocier ma vie d'auteure de ma vie professionnelle mais plusieurs journalistes ont cité mon vrai nom en même temps que mon nom de plume. Puis un de mes collègues a découvert que j'avais publié un roman et l'a inscrit dans la newsletter de ma boîte donc la frontière entre ma vie plus personnelle et ma vie professionnelle est devenue inexistante. »


Les Editions de Mortagne ont donc signé pour le premier roman de sa trilogie dont le deuxième tome, Merveilleusement Givrée, sort au printemps prochain. C’est tant mieux puisque Audrey a dès le départ connu un « petit succès » : « je ne connais pas encore le chiffre des ventes mais le fait que mon roman soit encore en librairie après six mois, sachant que la durée de vie moyenne d'un livre québécois est de six semaines, c'est déjà un succès. La majorité des critiques ont été bonnes voire très bonnes et j'ai connu une distribution exceptionnelle [en] librairies bien sûr, mais aussi grandes surfaces et pharmacies (au Québec, [les pharmacies] sont presque des petites épiceries avec des médicaments) ce qui a beaucoup aidé. » Toutefois, le bouche-à-oreilles n’a pas (encore) dépassé les frontières de la province du Québec. Mais vu de la fascination que les Français ont pour le Québec, le succès serait assuré. Dans Passionnément Givrée, Isa ne cesse de faire des allers-retours entre le français-français et le français-québécois. Pour une adaptation en France, il faudrait sûrement un glossaire. « Et encore, j'ai fait soft ! » raconte Audrey. « Mais la langue québécoise a beaucoup de particularités ! » Toutefois, la jeune romancière ne compte pas écrire uniquement pour les Québécois. « Je pense qu'il est dommage d'écrire en fonction d'un lectorat bien précis parce qu'on se ferme des portes. Ecrire exclusivement pour [un public cible] c'est ne pas essayer d'aller plus loin, ne pas essayer de se dépasser [pour] atteindre d'autres lecteurs. »

« Quand j'ai commencé Passionnément Givrée, j'écrivais avec l'idée de raconter une histoire, c'est tout. Évidemment, comme la plupart de mes personnages sont québécois et que la majorité de l'histoire se déroule au Québec, il y a des expressions locales dans mes romans parce que je ne voulais pas faire parler des Québécois comme des Français. Malgré ça, j'ose espérer que mon roman pourra toucher tous les lecteurs, qu'ils soient québécois, français ou autre. »

 

Dans l’éventualité d’une réédition en France, Audrey reste réaliste quant à l’accueil de son roman puisqu’il « serait écrasé par les géants. » Cependant, c’est une jeune femme passionnée qui n’hésite pas à se mouiller pour la promotion de son livre. « Je ferai tout pour qu'il ne reste pas dans l'ombre. Internet et les blogs sont des outils formidables, bien sûr, ce n'est rien comparé à un passage TV mais je suis d'avis que petit à petit l'oiseau fait son nid alors je vais poser lentement chaque pierre à mon édifice et voir sur du long terme. » « J'ai commencé par des séances de dédicaces dans des librairies où j'ai vraiment eu beaucoup de plaisir et ensuite, le grand saut au salon du livre de Québec. Quelle joie de pouvoir rencontrer à la fois des auteurs et des lecteurs ! J'ai plané sur mon petit nuage pendant cinq jours. J'ai tout d'abord pu rencontrer plusieurs [écrivains] blogueurs ainsi que plusieurs auteurs de ma maison d'édition. Quant aux rencontres avec les lecteurs, ce fut au-delà de mes espérances. Le samedi, quelques personnes sont venues exprès pour me voir (moi !), on m'a prise en photo (moi !) et pendant une heure, je n'ai pas arrêté de signer des livres ! Mais, au-delà du succès de vente, ce qu'il me reste de mon premier salon du livre, ce sont toutes ces rencontres humaines, tous ces échanges. Un écrivain sait pourquoi il écrit quand il rencontre ses lecteurs. Entendre quelqu'un parler de ses personnages avec autant de passion qu'on en a eu lorsqu'on les a crées, c'est magnifique. C'est de l'adrénaline. C'est ce qui nous pousse à continuer de nous enfermer chez nous toute la journée, seule face à notre ordinateur. »

Audrey Parily va retenter l’expérience du salon avec Montréal, qu’elle « redoute un peu de peur d'être déçue. Il est énorme, il se tient sur deux étages, il dure six jours, accueille de grands noms alors la petite auteure que je suis craint de passer inaperçue.  Je n'ai que trente ans, j'ai encore quarante ans pour écrire des romans et accéder au statut tant envié d'écrivain reconnu. »

 

En ce moment, entre les dernières corrections de Merveilleusement Givrée et le Salon de Montréal, Audrey Parily s’attèle à un chantier d’un nouveau genre : un roman pour adolescents. « Mon défi principal, je pense, dans l'écriture de mon roman pour ados, c'est de me (re)plonger dans leur univers. Il faut se rappeler ce qui est important à cet âge, que ce que nous considérons avec nos yeux d'adulte aujourd'hui comme une broutille peut être un véritable drame d'ado. C'est tout un défi de replacer les choses dans leur contexte. Ce qui m'intéresse aussi dans le monde des ados d'aujourd'hui, c'est tout le côté technologique dans lequel les ados baignent et que je ne connaissais pas de l'époque de mes 15 ans [comme] Internet, [le téléphone] portable, etc. Comment est-ce que la technologie bouleverse leurs vies ? Autre chose importante selon moi : ne pas laisser notre voix d'adulte prendre le dessus, ne pas faire de moral, ne pas vouloir à tout prix faire passer de message, si on veut parler de sexe, d'alcool, de drogue, il faut le faire avec précaution sans ton moralisateur, ce n'est pas si évident. Je pense qu'il est aussi plus difficile d'écrire pour les ados parce qu'il faut les accrocher dès le début. Ils ont tellement d'autres distractions (télé, jeux vidéos, internet…) que lire devient secondaire. Ce que j'aimerais enfin avec mon roman pour ados, c'est que les adultes puissent le lire et s'y retrouver. Déclencher un peu de nostalgie chez les adultes et toucher les ados seraient pour moi la preuve que j'ai réussi mon roman ! »

Avant l’histoire, Audrey fixe des « personnages principaux, une idée de départ et une d'arrivée ». « Pour moi, l'important dans l'écriture d'un roman, ce sont vraiment les personnages. Je laisse mes personnages me guider et ils me racontent leur histoire jusqu'à la fin. J'ai une relation très spéciale avec [eux], je suis leur marionnette et ils me forcent à écrire ce qu'ils me disent ! A l'origine, Passionnément givrée devrait être un seul roman et puis mes personnages m'ont crié que non, leur histoire n'était pas terminée alors je les ai suivis pour un tome 2 et 3. » D’ailleurs, cette relation particulière avec les personnages ne se cantonne pas uniquement aux siens. En tant que lectrice assidue, Audrey a ses personnages fétiches. « J'aurais adoré créer un personnage aussi complexe et attractif que Darcy d’Orgueil et Préjugés. » Il y a aussi et surtout Scarlett O’Hara d’Autant en emporte le Vent. « Ah quelle femme ! » s’exclame Audrey. « Frivole, vaniteuse, égoïste mais courageuse, déterminée, capable de tenir tête aux hommes, de travailler, de s'occuper de son père malade, de fuir les combats, de sauver la plantation familiale, etc. Sa force m'impressionne et je crois vraiment que c'est ce personnage qui m'a le plus marquée. [J’aime] sa complexité, ses côtés plus négatifs qui la rendent encore plus attachante. [Scarlett] est vivante, réelle pour moi et, un jour, j'aimerais créer un personnage aussi inoubliable qu'elle ! »

« Je voue une véritable passion aux personnages. Il faut qu'il y ait au moins un personnage inoubliable dans un roman pour que je sois emportée par l'histoire. Quand je referme un livre, si quelque chose doit rester de ma lecture, ce sera un ou plusieurs personnages. Tout ça pour dire que j'admire les écrivains capable de donner vie à des êtres de papiers comme s'ils existaient vraiment. »

 

Toujours motivée, Audrey Parily se dit qu’on « passe tous par des moments de doute, mais il ne faut pas baisser les bras. L'écriture, c'est un peu comme le sport, il faut s'étirer longtemps, pendant plusieurs mois, avant de pouvoir réaliser le grand écart. Il faut aussi essayer de garder le cap même quand les portes de l'édition se ferment. Il faut croire en soi, en ses écrits et ne jamais renoncer. »

 

© Audrey Parily/ Jo Ann von Haff, octobre/novembre 2009

 

Pour ceux qui sont à Montréal, Audrey Parily sera au Salon du Livre de Montréal le samedi 21 novembre : 14h 30 à 16h — 18h à 20h et le dimanche 22 novembre : 10h à 12h — 14h 15 à 15h30 !

 

 

 

 

Pour en savoir plus, cliquez :

parily passionémentgivrée.jpgPhoto 07 Audrey Parily.jpg

Saturday, 14 November 2009

Tatiana de Rosnay, « Boomerang »

derosnay boomerang.jpgRoman, Editions Héloïse D'Ormesson - Lu en septembre 2009

Site officiel


Ce roman n'est pas mon préféré de Tatiana de Rosnay.

Antoine Rey emmène sa soeur Mélanie à Noirmoutier, pour célébrer les 40 ans de celle-ci dans les lieux des vacances de leur enfance. Ils ont cessé d'y aller, après la mort de leur mère. Pendant ce week-end, ils se souviennent de ces vacances, de la personnalité de leur père si différente de la présente, cette famille qui ne s'aime ou ne se parle pas. En tant qu'adultes, tous les deux ne sont pas au beau fixe non plus. Antoine est divorcé et aime toujours son ex-femme qui a retrouvé l'amour ailleurs, a des soucis avec ses ados d'enfants. Quant à Mélanie, elle est morose d'être arrivée à 40 ans, célibataire et sans enfants, alors qu'elle avait donné presque dix ans de sa vie à son ancien compagnon dans l'attente de plus.

J'ai lu ce roman sans savoir quoi attendre, et à la fin, j'attendais encore quelque chose qui n'est jamais venue.

Mais comme j'ai encore trois autres romans à découvrir... ;-)

 

 

 

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A Sunday Morning with TR

Tatiana de Rosnay 2008.jpg

31 mai/1 juin 2008
Comédie du Livre, Montpellier

 

Le Sud a failli à sa réputation, une fois n'est pas coutume. Lorsque j'ai vu le Soleil vendredi, j'avais un mince espoir que le beau temps dure le temps de la Comédie du Livre, un genre de trêve après des semaines de pluie sans fin.
Vendredi, je n'étais rentrée en ville qu'à 18h, je n'avais eu le temps que d'aller sur le stand BD pour que Mara dédicace le premier tome de Clues pour une amie.
Samedi déjà, ça commençait à ne pas le faire, le ciel était gris, l'air lourd et humide, un temps qui colle à la peau visqueux. Laurence du Biblioblog m'avait laissé un message le matin alors que je dormais encore et avant de quitter mon antre j'essayais de la contacter. Pas de réponse. Je savais que j'allais voir Tatiana de Rosnay vers 15 heures et aller au stand de Stephen Clarke, mais comme j'avais déjà dit, le programme de cette année ne me faisait ni chaud ni froid (ni me tenait au sec) et je m'étais dit que j'allais être bored out of my mind ! Je m'étais dit que je n'allais rien acheter depuis ma dernière crise de livrophagie involontaire donc c'était moyennement réglé.
Alors que j'attendais qu'un couple finisse de parler avec Tatiana, Laurence me fait un coucou. On se serait donnée rendez-vous, on se serait ratées à coup sûr ! Puis ce fut à mon tour devant Tatiana, qui se lève avec « You're here ! » Yeps, that me. Laurence nous a alors pris LA photo qui manquait à nos albums (really) et puis Tatiana a posé la question qui tue: « à quelle heure tu te lèves le matin ? »
You know me, j'suis pas du matin (il est 5h au moment où j'écris ce billet). Laurence lance un « Jo Ann ? Le matin ? » Je ne sais pas si j'ai le temps de rougir à cet instant-là... Mais bon, pour Tatiana, j'ai fait l'effort de sortir de chez moi avant 11h le dimanche, alors que je m'étais couchée après 6h (je faisais un marathon The Lord of the Rings... blame them !) et qu'il pleuvait averse.
Non, sérieux... le Sudeuh a réellement failli à sa réputation ! Madame avait froid aux pieds, j'aurais bien fait l'aller-retour à la maison prendre des chaussettes mais je ne porte pas de bas fins (je suis une fille à baskets) pour les ballerines. On a donné des sacs à l'effigie de Sauramps en guise de bottes (mode Printemps-Été), et mine de rien, au courant de la matinée, Tatiana n'était pas la seule ! ;-)
On a passé un long moment (deux heures, j'crois ?) en train de papoter dans le stand, regardant la pluie diluvienne et parlant écriture et projets d'avenir.

Une chose que je n'ai pas avoué à Tatiana à ce moment-là. Lorsque je me suis assise sur la chaise d'Isabelle Alonso (qui n'était pas encore arrivée) derrière le stand, une vive émotion s'est emparée de moi. Une sensation de "un jour, je serai là, et ce sera pour bientôt". De ces images qui remplissent nos têtes et nos rêves, songeant "comment je vais faire lorsque ce sera mon tour ?!" La timidité qui me consomme et me fait rougir out of proportion, je bégaie quand je suis le centre de l'attention, car je ne me sens pas à cette place-là de popularité... Et pourtant, je veux y être, j'ai hâte d'y être. C'est un rêve à portée de mains...
Un jour, bientôt, je me lèverai tôt après un marathon d'une trilogie sensass, braverai le mauvais temps pour m'asseoir derrière une pile de mes romans que je vais signer d'un grand "merci beaucoup, JA".
En attendant, je suis rentrée chez moi avec deux nouveaux livres dédicacés pour frimer (really) en me disant que la journée a été plutôt réussie (Tatiana, I did go back to sleep !).
Tatiana, merci pour cette matinée pluvieuse, a glimpse sur un futur proche :-)

 

Xi-♥, JA.

 

 

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Meeting T de R

Tatiana de Rosnay 2007.jpg
2/3 juin 2007
Comédie du Livre, Montpellier

 

Je prends mon temps pour sortir de chez moi. Le ciel est gris, les nuages tellement lourds qu'on aurait dit que le déluge était proche. Autant la veille, c'était impec, aujourd'hui, le ciel veut nous jouer des tours. Le bon côté des choses c'est qu'il ne fait pas trop chaud. Au fait, c'esttrès bien comme ça!
Je marche calmement vers la Comédie en train de parler à ma soeur au téléphone, j'avance calmement, pas pressée. Bon sang, c'est le sud, il ne manquerait plus que ça. Je fais un tour des stands. Ah ! Tatiana de Rosnay est à côté de Guillaume Musso. Et il y a du monde ! Mais quand je dis Tatiana de Rosnay, c'est juste sa place: elle n'est pas encore arrivée. Je fais encore un tour, repère Bessora, la place de Gaston Kelman, ah Isabelle Alonso ! J'avais acheté et lu Roman à l'eau de bleu à sa sortie, en 2003, on peut voir les pages légèrement jaunies  de mon exemplaire avec le temps. Faïza Guène est à quelques mètres, elle me reconnaît puis me salue de la main. J'ai trouvé ça très sympa!
Et à mon retour en arrière, je la vois enfin! Tatiana qui s'assoit à sa place. Je m'approche tout doucement, me demandant comment j'allais faire pour dire "je suis Jo Ann", mais elle ne m'a pas laissé le temps!
« Je sais qui tu es ! »
Ah, ça rassure :-) On s'embrasse et on parle comme si on se connaissait depuis des lustres. Je me suis tout de suite sentie à l'aise, on a parlé de la relique que j'avais réussi à dénicher (Mariés, pères de famille), des blogs et des blogueuses, de ses romans. On a été interrompu par un (charmant) jeune homme (attaché presse? ), Tatiana a un RDV, à 16h elle serait de retour.
Il y a tellement de monde, que je me décide à quitter la Comédie, ne serait-ce ma ville, n'est-ce pas ?  Et je suis allée manger des crêpes au Nutella que je n'avais pas mangé depuis février ! (Carême, Angola... tout ça ensemble fait des étincelles). J'en profite pour parler avec des amies, aller chez Gibert Joseph et je reviens calmement (c'est le sud qui veut ça !)
Je ressors mes livres, superbes dédicaces (je viens tout juste de les lire !), on parle encore un peu et je dis que je serai présente à l'entretien de dimanche. « Super! Il y aura au moins une! »
Au moment où je m'en vais, appel de Laurence qui me rejoint. On repart voir Tatiana. Il y a son éditrice Héloïse d'Ormesson qui passe par là aussi. Mais à 17h, il y a le débat sur la place de la femme dans la littérature, alors on se sépare.

C'était chouette, Tatiana, merci !

 

Xi-♥, JA.

 

 

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Friday, 06 November 2009

Marie Olivier-Ziglioli, la Rage de Vaincre

Photo 06 Marie Olivier-Ziglioli.jpg

Lorsque je suis en dédicaces, je n'ai mal nulle part, je suis souriante, en pleine forme ! J'aime partager ma passion de l'écriture. Ces rencontres me nourrissent.

Marie Olivier-Ziglioli, octobre 2009

 

Lorsqu’on donne la possibilité à Marie Olivier-Ziglioli de se décrire, elle oublie certainement son trait de caractère le plus important : battante. Auteure de quatre livres, on découvre une femme qui écrit avec passion et à chaque lecture, on ressent cette force qui émane d’elle. Que ce soit pour ses deux ouvrages autobiographiques (La Bestiole et Mensonge & Abandon) ou pour ses romans (La Fuite et La Rage de Vaincre), il est toujours question de lutte pour la vie et l’avenir. Le passé est important, cependant, il faut toujours aller de l’avant.

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Tuesday, 27 October 2009

Marie Olivier-Ziglioli, « Mensonge & Abandon »

olivierziglioli mensongeetabandon.jpgRoman, Pietra Liuzzo Editions - Lu en septembre 2009
Blog officiel


Ce roman est à mi-chemin entre le récit (comme La Bestiole) et le roman (comme La Fuite). En effet, Marie Olivier-Ziglioli raconte son histoire à travers d'une petite fille qu'elle a décidé d'appeler Isabel.

Isabel est la fille illégitime d'une femme mariée. Sur son certificat, il n'y a donc pas de père. Pourtant, Isabel grandi avec lui et ses frères et soeurs (qui ont tous l'âge d'être ses parents). Avec lui, elle a une enfance insouciante. Mais à sa mort, sa grande soeur les chassent, sa mère, ses frères et elle, et les années difficiles commencent, dans la misère. La mère d'Isabel décide alors d'émigrer clandestinement en France la laissant chez une famille d'accueil.

Marie Olivier-Ziglioli nous explique donc son enfance douloureuse, dans un Portugal du temps de Salazar et des guerres des colonies (oh, l'Angola !), dans un village du nord du Portugal. On a presque envie de prendre la petite Isabel par la main et l'emmener dans de chaudes contrées. On a peur pour elle, on s'énerve contre les autres (comment est-ce possible d'être aussi avare ?).

En sachant que c'est du vécu, c'est encore plus dur. J'ai bien fait de commencer par La Fuite ! L'histoire est compliquée, mais ce n'était que de la fiction !

 

Pour en savoir plus, cliquez :

olivierziglioli labestiole2.jpgolivierziglioli mensongeetabandon.jpgolivierziglioli lafuite2.jpgPhoto 06 Marie Olivier-Ziglioli.jpg

Friday, 23 October 2009

Jérôme Cayla contre Goliath

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Trois Roses Blanches est le fruit d’un pari avec un ami, par jeu, pour que les mots soient moins rigoureux que ceux que j’utilise d’habitude. Je ne pensais pas le voir publié un jour.

Jérôme Cayla, septembre 2009


Il est l’auteur d’un premier roman, Trois Roses Blanches, paru en mars 2009 aux Pietra Liuzzo Editions. Cependant, Jérôme Cayla n’est pas débutant en matière d’écriture. « Cette lubie m’a amené à travailler autour de l’écrit pour des guides de sécurité et dans la biologie », explique-t-il.

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Tuesday, 13 October 2009

Marie Olivier-Ziglioli, « La Fuite »

olivierziglioli lafuite2.jpgRoman, Editions Volpilière - Lu en septembre 2009
Blog officiel


Premier roman que je lis de Marie "OZ" que j'ai découvert à travers La Bestiole. Laissant de côté cette voix drôle qui dédramatise dans son témoignage, la plume de romancière de Marie nous emporte dans un voyage vers l'inconnu.
Maud Fontaine, une avocate versaillaise, a vu sa vie basculer un mois plus tôt à la mort de sa petite fille dont elle se sent coupable. Sans dire un mot à son père ou à son compagnon, elle prend la voiture et roule vers le sud. Elle arrive à Nice où elle décroche un travail de serveuse dans un restaurant, se lie d'amitié avec Dumè, saisonnier corse et finit par le suivre sur l'Île de Beauté où il ouvre son propre restaurant.

 

Marie nous mène dans un voyage à travers la France, de Versailles en Corse en passant par Nice, mais non seulement. Elle nous mène dans la route de la vie, dans les sentiments de culpabilité d'une mère qui se croit coupable de la mort de son enfant, de sa fuite sans laisser de traces... Maud tente de commencer une nouvelle vie, mais comment commencer cette vie s'il n'y a aucune page tournée dans la précédente ?

Maud fait de tout pour fuire son histoire, son passé, sa vie, son enfant, ceux qu'elle laisse derrière, et tente de ne penser à rien d'autre que l'essentiel: travailler, manger, dormir, courrir, nager, se fatiguer, s'oublier. Cette envie de ne penser à rien d'autre la fera être au centre d'une enquête policière concernant ses patrons...

 

J'ai beaucoup aimé l'écriture de Marie (loin de la plume autobiographique) de qui je me sens proche (tant la personne comme l'écriture). Au niveau de comment elle voit évoluer son histoire, je tente de faire de la même manière (avec évidemment moins de réussite !). Mais je compte continuer de la lire ! J'ai bien aimé ce joli roman même si j'ai trouvé l'enquête un peu étrange, à vrai dire... comme si les coïncidences ne me paraissaient pas naturelles, je ne sais pas pourquoi.

 

Pour commander, allez sur la boutique de l'éditeur.

 

Pour en savoir plus, cliquez :

olivierziglioli labestiole2.jpgolivierziglioli mensongeetabandon.jpgolivierziglioli lafuite2.jpgPhoto 06 Marie Olivier-Ziglioli.jpg

Friday, 09 October 2009

Katia Novet Saint-Lot, Citoyenne du Monde

Photo Article Katia Novet Saint-Lot.jpgJ'ai toujours eu tendance à suivre mes élans là où ils me portaient, généralement pas la porte à côté, et à m'adapter ensuite.

Katia Novet Saint-Lot, septembre 2009

 

Katia Novet Saint-Lot est l’image même du multiculturalisme. Fille d’Espagnole et de Français, épouse de Haïtien, mère de deux petites filles, Katia a vécu sur tous les continents et depuis cinq ans, a posé ses valises en Inde. « Mon côté curieux fait que je ne pouvais pas avoir une autre vie que la mienne, placée sous le signe des voyages et autres déracinements » explique-t-elle.

 

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Saturday, 03 October 2009

Jean-Christophe Camus & Olivier Tallec, « Negrinha »

camus & talle negrinha.jpgRoman graphique jeunesse, Gallimard Jeunesse - Lu en mars 2009

 

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Grâce à un jeu chez Tamara et ultérieur tirage au sort, j'ai eu droit à Negrinha de Jean-Christophe Camus (fils d'un Français et d'une Brésilienne) et d'Olivier Tallec.

Dans cette BD (ou roman graphique ?), ils racontent l'histoire de Maria, une jeune métisse carioca, élevée par sa mère noire, Olinda, dans les beaux quartiers de Rio de Janeiro dans les années 1950s. Olinda est issue de la favela où elle n'a pas mis les pieds depuis bien des années. Elle est femme de ménage. Maria va dans une bonne école et a des cours de danse, et côtoie les jeunes Blanches qui ont des babás (=nourrices) noires et automatiquement, lors de la fête d'anniversaire de Maria, elle assume que Olinda est sa babá. Étonnée, Maria explique que c'est sa mère, et lorsque cette dernière a vent, elle dit à sa fille qu'elle aurait dû dire que oui... elle aurait dû dire que c'était la babá...

J'ai grandi avec la culture brésilienne. L'Angola et le Brésil sont considérés des "pays frères", l'un en face de l'autre des deux côtés de l'Atlantique. Il y a plus que la langue qui nous unit, il y a la capoeira (d'Angola) et la samba (qui vient de notre semba) qui viennent des esclaves d'Angola, il y a l'histoire, nos coutumes, et même la religion (le Candomblé est une religion afro-brésilienne). Au-delà des telenovelas (=feuilletons), j'ai grandi avec la musique, les livres, la nourriture, les encas, et le pays en soi. Une de mes soeurs est brésilienne, mais son métissage est différent: sa mère brésilienne est blanche.
Je sais de fait que même si cette histoire se passe dans les années 1950s, elle ne cesse d'être la réalité d'un pays original dans sa construction, un métissage dans tous les sens, les Blancs, les Noirs, les Amérindiens... Un pays riche dans ses origines et dans son histoire, comme le dit le grand Gilberto Gil en préface.
Mais c'est un pays tout aussi riche en complexes et en honte.

Olinda croit sincèrement qu'elle aidera sa fille dans son avenir, dans son intégration parmi les Blancs. Cela signifierait enfin son ascencion sociale. Comme elle le dit, Maria n'est pas une negrinha des favelas (= petite Négresse des bidonvilles), mais une moreninha (=Brune) des beaux quartiers et du coup, elle n'a pas à se mêler aux pauvres (personnalisé par Toquinho, le vendeur à la sauvette analphabète) et à la favela, même si c'est la famille. Ce n'est pas important. Elle est suffisamment claire de peau et fait de bonnes études pour être "sauvée" de ce mal qu'Olinda a eu tant de mal à quitter, en faisant du ménage. Mais quand Maria découvre que sa famille est noire et pauvre, elle qui pensait que sa mère était seule au monde, elle veut les connaître, en savoir plus. Elle n'éprouve pas la honte que sa mère ressent.

Cependant, l'inverse de l'histoire existe. Olinda veut à tout prix que Maria dise à ses amies blanches que ce n'est pas sa mère mais sa babá. Mais dans la vraie vie existe des cas où ce sont des petites Maria, tellement claires de peau qui refusent de dire que leur mère est noire, et proclament sans honte que c'est la femme de ménage ou, encore une fois, la babá. Mais la génétique peut parfois faire justice à sa maière, parce qu'aussi clair de peau qu'on peut être, les enfants de Métis seront aussi métis, et ils pourront se ressembler plus à la famille reniée qu'à la famille blanche (ouh, surprise !). Je ne saurais dire les statistiques mais quelques cas existent, et ils font partie de la réalité brésilienne.
Quelques fois, les telenovelas (il y a les feuilletons historiques à 18h - avec des robes d'époque, tout ça tout ça -, des feuilletons farfelus avec des histoires à rebondissements absurdes, faits pour rire à 19h, puis les sérieux avec thèmes d'actualité - SIDA, cancer, discrimination, favelas, handicap, tout ça tout ça - à 20h) de 20h en parlent. Je me souviens d'un feuilleton en particulier (Anjo Mau, 'Mauvais Ange') où Paula, fille (Alessandra Negrini) de Teresa, une Métisse (Luíza Brunet) mariée à millionnaire blanc apprend que sa grand-mère Cida (Léa Garcia) est noire et a une crise d'angoisse lorsqu'elle envisage de tomber enceinte: comment naîtra l'enfant ?!

J'ai beaucoup apprécié cette BD, toujours d'actualité, sur une des faces cachées (et honteuses) du métissage...

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