Tuesday, 01 December 2009
X-mas blah
Vous n'aimez pas la fin de l'année. Depuis presque dix ans, vous arrivez au mois de décembre à un pouce de la dépression saisonnière. Vous êtes frileuse, mais ce n'est pas le froid qui vous chagrine. En même temps qu'arrivent les Fêtes, arrivent tous les soucis de l'année écoulée, toutes les factures de saison. Depuis des années, vous ne savez plus ce que c'est d'avoir une douzaine sainte (de la veille de Noël au jour des Rois) sereine, sans souci, sans avoir à trancher quelque part. Vous n'attendez pas de cadeaux, vous ne vous en faites pas, mais ce n'est pas ce qui vous importe. Vous avez juste envie d'être à l'aise.
Puis... vous avez déjà beaucoup aimé Noël. Décorer le sapin est une activité qui normalement vous prend toute une journée. Ce n'est pas parce que le sapin est grand et qu'il y a des centaines de boules et de guirlandes, mais parce que vous aimez donner à votre maison un air de fête, un air serein, aux couleurs chaudes... Vous aimez éteindre les lumières pour ne suivre que la guirlande qui s'allum et qui s'éteint au rythme d'une musique de saison que vous n'avez pas encore vraiment reconnu...
Noël est surtout pour vous une fête de famille. Au-delà des cadeaux, c'est une grande table avec de la dinde rôtie, de la morue, des pâtisseries portugaises, du vin pour ceux qui en boivent, et énormément d'heures à table en train de parler, de rire... de savourer cet instant... Noël est surtout cette table qu'on ne débarasse jamais... Pendant trois jours, on nettoie les miettes, on lave la vaisselle mais la dinde et la morue et les sonhos et les filhózes et le pain perdue au sirop... restent au centre de la table. Bien sûr, cela implique la climatisation à fond 24/24 mais c'est la saison des pluies (= été), donc tout à fait normal...
Comment est-ce possible qu'ayant une famille aussi nombreuse... avec autant de frères et soeurs et belles-soeurs et nièces et neveux et cousins, tellement de cousins... comment est-ce possible de se sentir aussi seul ? Vous vous sentez étonnamment seule, désespérément seule, parce que pour vous, la famille est aussi sacrée que Noël et qu'à chaque Noël ce sacré s'évanouit un peu plus. Et cela vous désole. Pire. Vous déprime.
Ces jours sont à jamais perdus.
Vous allez vous préparer du pain perdu pour faire passer le mauvais temps...
Si c'était aussi simple...
Xi-♥, vous.
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Monday, 30 November 2009
For the win

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Sunday, 29 November 2009
— The Writers U portrayed
Août/Septembre
Elisabeth Robert-Mozzanini (France)
Septembre

Vanessa du Frat (Suisse)
Octobre

Katia Novet Saint-Lot (France)
Amadi's Snowman (VO)(album jeunesse, 2008)
{Katia Novet Saint-Lot, Citoyenne du Monde}

Novembre
Marie Olivier-Ziglioli (France)
La Bestiole (essai, 2009)
Mensonge & Abandon (roman, 2008)
La Fuite (roman, 2008)
La Rage de Vaincre (roman, 2009)
{Marie Olivier-Ziglioli, la Rage de Vaincre}
Audrey Parily (France)
[Rencontre en août 2009]
Passionnément givrée (Trilogie givrée, tome 1) (roman, 2009)
Merveilleusement givrée (Trilogie givrée, tome 2) (roman, à paraître en 2010)
{Audrey Parily, Totalement Givrée}
Décembre
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→ The books U read in 2009

Novembre (0/51)
- C'est le vide Nanoesque... Il n'y a pas d'autre explication officielle.
Octobre (3/51)
- (6 octobre) McGOWAN, Kathleen (Etats-Unis) - « Le Livre de l'Amour » (VO: The Book of Love) - Roman, Le Grand Livre du Mois
- (24 octobre) PARRY, Patricia (France) - « Cinq Leçons sur le Crime et l'Hystérie » - Polar, Seuil
- (30 octobre) LOCANDRO, Catherine (France) - « Les Anges déçus » - Roman, Editions Héloïse d'Ormesson
Septembre (4/48)
(10 septembre) OLIVIER-ZIGLIOLI, Marie (France) - « La Fuite » - Roman, Editions Volpilière
(17 septembre) OLIVIER-ZIGLIOLI, Marie (France) - « Mensonge & Abandon » - Roman, Pietra Liuzzo Editions
(27 septembre) de ROSNAY, Tatiana (France/Angleterre) - « Boomerang » (VO: Boomerang) - Roman, Editions Héloïse d'Ormesson
(27 septembre) KITA KEJUO, Laura (Cameroun/Brésil) - « Comme une odeur d'ammoniac » - Nouvelles, La Plume des Orangers
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Mima'amakim *

J'ai découver The Idan Raichel Project au hasard. A l'époque, en 2007 je pense, j'avais encore mon compte MySpace (c'est dire si c'est loin !). Au hasard des clics, je suis tombée sur la page officielle d'Idan Raichel et il m'a fallu cinq secondes de Mima'akim pour tomber amoureuse, d'Idan Raichel bien sûr, mais surtout de la musique. C'est tout à fait le genre de musique que j'aime. Je n'achète jamais des albums (merci iTunes, mon banquier apprécie) mais en 2007 j'ai dû faire l'exception et je peux écouter en boucle cet album.
Idan Raichel est un jeune musicien israelien qui a décidé regrouper plus de soixante-dix musiciens du monde entier, surtout des Ethiopiens, pour créer l'Idan Raichel Project. Ils chantent en hébreu, en arabe et en ahmarique. Bien sûr, je ne comprends rien à rien, mais la mélodie est plus forte que tout, et puis dans l'album, il y a les traductions en anglais. Amen.
Xi-♥, moi.
* Des profondeurs
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Saturday, 28 November 2009
私のあしながおじさん

私のあしながおじさん (Watashi no ashinaga ojisan) adapté du roman Papa aux longues jambes de Jean Webster
Je n'avais pas vu ces dessins animés depuis presque vingt ans... vingt ans et je me souvenais d'à peu près tout... surtout la très grande ligne: un mécène inconnu permet à Judy Abbot, orpheline, de faire des études. Pour elle, il sera à tout jamais John Smith, ou alors comme elle l'appelle, Daddy long legs (Papa aux longues jambes).
Je me souviens que petite, j'avais adoré ces dessins animés. Ce ne sont pas les dessins animés pù les personnages principaux ont le même âge pendant quarante ans... Les quarante épisodes de cette série suit Judy dans les 3 ans de lycée. Les traits, qui semblent identiques, changent sensiblement et aux derniers épisodes, on se rend compte que le visage de Judy n'a plus rien à voir avec celui du premier épisode, plus enfantin. J'avais toujours cru cette histoire un vrai conte de fées. En discutant sur le chan de NaNoWriMo, j'ai eu envie de revoir cette série et je l'ai revue avec plaisir. Même si maintenant, à l'aube de mes trente ans, nombreux détails me semblent... so wrong. Je ne parviens pas à trouver l'équivalent en français... c'est juste que... c'est... mal... Jervis Pendleton (très charmant) a 27 ans et pourtant, il ne semble pas avoir des problèmes à courtiser l'adolescente (lycéenne). Tout le monde trouve ça normal. Quand Judy fête son 17ème anniversaire, il est déjà amoureux d'elle depuis pas mal de temps... Pas envie d'être moralisatrice ni rien, surtout que j'adore encore ces dessins animés et que si je pouvais avoir le roman pour Noël (hein, gentil petit Papa Noël ?), je le lirai d'une traite et avec beaucoup de plaisir.
L'histoire me fait rêver... je vais tenter la version coréenne parce qu'il n'y a pas de mal à se faire plaisir...
Xi-♥, moi.
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Friday, 27 November 2009
Xi-♥ from... Villefranche-sur-Mer

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Thursday, 26 November 2009
BTW
Au fait, petit Papa Noël...
Avant les livres, il me faudrait d'autres choses plus importantes... du genre... pour la maison...
Mais je dis ça... je ne dis rien... Tu fais comme tu l'entends... ;-)
Xi-♥, moi.
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Wednesday, 25 November 2009
Dear Santa

Petit Papa Noël...
Pour quelqu'un qui n'avait aucun moyen de croire en ton existence, je fais fort, je sais. Voilà la troisième année que je me remets à toi pour des possibles cadeaux...
Lorsqu'on me demande ce que je veux pour Noël (ça arrive aussi pour mon anniversaire), je ne sais jamais quoi répondre. Je dis toujours « rien ». Lorsque je ne recevais pas de cadeaux pour mon anniversaire (que je ne fête même plus) ou pour Noël, cela ne me dérangeait pas... voire jamais. Je m'y attendais. Souvent, pendant les courses, avec mes parents, je choisissais moi-même mes futurs jouets que j'emballais comme une grande pour le poser sous le sapin. Alors... pour l'effet de surprise, ce n'était pas vraiment ça.
Aujourd'hui, j'ai du mal à faire des cadeaux... à faire plaisir... J'ai peur d'acheter quelque chose qui est totalement à côté « de la plaque ». J'ai plus tendance à faire des courses et si la personne qui m'accompagne s'exclame devant un objet dont elle rêve et si j'ai l'argent pour, j'achète sans réfléchir deux fois, en espérant que cela compense largement mon incapacité à retrouver ce qu'il fait réellement plaisir à un proche. Lorsque je participais à des swaps littéraires, j'étais toujours gênée face aux colis que je recevais parce que je ne pensais jamais être à la hauteur...
Je ne sais pas ce que je veux pour Noël mais j'ai mes envies de lectures de toute l'année, comme toute livrophage qui se respecte (même pendant les pannes de novembre, merci Nano), quelques livres Volpilière ou Laura Mare m'iront aussi...
Sinon, Papa Noël... ça va ou ça va ?
Xi-♥, moi.
PS: je te montre ma liste de lectures récentes, comme ça, magique, pas de doublons !! ;-)
Oui, Papounet chéri, je pense à tout. J'ai ouï dire que c'était aussi la crise dans le Nord...
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Tuesday, 24 November 2009
Laura Kita Kejuo, « Comme une Odeur d'Ammoniac »
Nouvelles, La Plume des Orangers - Lu en septembre 2009
Ce matin du vendredi 21 septembre 2001, les Toulousains vaquent à leurs activités. Ils ne savent pas que quelques heures plus tard, leurs vies va changer de manière drastique. La catastrophe de l'usine AZF va les prendre par surprise. Aziz est en retard pour aller retrouver Aurore à la Place du Capitole. Il est toujours en retard. Annie et Diénéba sont à l'université où l'une passe au rattrapge et la deuxième attend pour passer sa soutenance. Mourad, le frère d'Aziz, travaille pour AZF. Ce matin, il est en retard. En plus, il oublie son téléphone portable à la maison. René et Jean-Christophe sont au bureau.
Lors de l'anniversaire de la catastrophe AZF, Laura Kita Kejuo publie son recueil de nouvelles parlant de Toulousains qui comme elle à l'époque ne se doutait pas qu'une catastrophe allait changer leurs vies. Ayant vécu plusieurs années dans la Ville Rose, Laura se sent toujours aussi proche de cette ville et a voulu lui rendre hommage. Comme dans Choc Temporel ou Délit Amical, nous sentons une nouvelle fois l'amour que l'auteur a pour cette ville. Précise dans ses emplacements, quartiers et autres détails de riverains, on voyage dans une ville que même si on connait pas ou très mal (mon cas), on s'y sent.
Les nouvelles attrapent les personnages en pleine action, prêts à partir travailler ou à l'université en cette fin d'été. On aurait dit une journée normale, avec les tracas habituels: retard, examens, rendez-vous, réunions... Ce qui choque avant toute catastrophe de toute origine est "tout était normal". J'ai aimé les quatre nouvelles présentées cependant, s'il y a un lien entre les trois premières, la quatrième tombe un peu comme un cheveu sur la soupe... On imagine que Mourad a rendez-vous chez Jean-Christophe (on imagine, hein), mais il n'y a pas de réelle connexion, alors qu'Annie et Diénéba ne croisent jamais Aziz et Aurore. C'est l'impression que j'ai, va-t-on comprendre.
Ce recueil est comme un roman choral, cela se passe au même instant, nous voyons différents points de vue dans différents quartiers de Toulouse, une ville qui vit grâce aux descriptions de Laura. Et c'est là toute la magie.
Pour en savoir plus, cliquez :
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Sunday, 22 November 2009
Goodbye, my love, goodbye *

(Posté sur mon groupe sur Facebook)
Voilà un moment que je ne donne pas de nouvelles, que je ne partage pas de poèmes. Mais ça reviendra, une fois novembre et NaNoWriMo passés !
Je viens surtout parler d'une autre décision que j'ai prise il n'y a pas si longtemps et que j'ai partagé sur mon blog mais pas ici.
Voilà, j'ai classé mes manuscrits, j'ai oublié les adresses des éditeurs, j'ai trié mes contacts... Hier soir, j'ai supprimé 206 contacts Facebook... tous ceux qui faisaient partie d'un réseau, des contacts que je tentais de me faire, des écrivains que j'avais lu, que j'appréciais, que j'avais envie de suivre, de maisons d'édition qui pourraient caler dans mes projets (et pas vice-versa).
Pourquoi ? Les apprentis écrivains n'ont pas de "chance", on ne claque pas des doigts pour être publié. Il faut *travailler*, écrire encore et toujours et sans cesse. A part une ou deux exceptions, croire qu'on peut publier un premier jet écrit en deux mois est une erreur. Rarement les premiers jets sont publiés et il faut plus que deux mois pour les primoromanciers pour réussir à quelque chose de très bien. Il y a toujours du travail.
J'ai commis quelques erreurs dans ce métier, alors maintenant que j'ai compris à peu près comment ça fonctionne, je me mets en pause.
J'ai dans mon tiroir un manuscrit. Une histoire que j'ai commencé il y a dix ans et que j'ai finalement réécrit l'année dernière. En toute honnêteté et modestie, le meilleur roman que j'aie jamais écrit jusqu'à présent. Mais personne ne l'a encore lu. Personne ne le lira avant un moment. Pourtant, j'aime ce roman et ces destins qui se croisent du fond du cœur. Si pour mes précédents manuscrits, je pense à couper/réécrire/défaire/détruire/mettre au pilon, etc, pour celui-là, je veux le corriger mais le squelette et les muscles sont là. Le gras n'y est presque plus.
Je n'ai plus envie de me mettre la pression, et si jamais, ô miracle, je pouvais être publiée bientôt, je ne serai pas prête. Je ne pourrais pas défendre ce roman que j'aime tant. Alors si je ne suis pas prête à aller aux devants, alors à quoi bon ?
Est-ce une priorité ? Non.
Vais-je arrêter d'écrire ? Non.
Serais-je déçue ? Non.
Ai-je besoin de reconnaissance ? Non.
Est-ce que je veux sortir de l'anonymat ? Surtout pas. Du moins pas maintenant.
Cette histoire de publication ne s'avère alors qu'une histoire de vanité, d'avoir un livre à son nom pour pouvoir prouver que tous les sacrifices des dernières années n'ont pas été en vain.
J'arrête alors d'écrire pour les autres, de tenter découvrir ce que veulent les autres avant que ma passion pour l'écriture ne devienne un calvaire. Parce qu'avant la publication et la reconnaissance de mes pairs, c'est écrire que j'aime plus que tout et je ne veux pas perdre cette envie, ce besoin.
En ce moment, j'écris, et avec bonheur !, mon Cycle de la Guérisseuse. De la fantasy (ouille !) alors que mon univers de prédilection est et sera toujours le contemporain. Mais ce cycle, j'y travaille depuis bientôt cinq ans, et d'aucuns, c'est mon meilleur travail jusqu'à présent (faudrait leur faire lire le manuscrit caché, peut-être ? :-))
Je ne suis pas douée pour les titres, mais travailler (ça ne cesse jamais d'être un travail même lorsqu'on ne cherche pas à être publié !) sur La Treizième Concubine, La Reine Guérisseuse et Enfants de Lune me donne une joie intense et puisque je n'ai pas cette pression sur les épaules, je me sens libre. Si libre.
Pour l'instant, je ne pense pas abandonner cette liberté propre aux gens qui écrivent pour le plaisir.
Pour ceux qui se demandent "où est-ce que je peux acheter tes livres ?", la seule réponse est "vous ne pouvez pas".
D'ici 2011, on verra...
En attendant...
Xi-♥, moi.
* Goodbye, my love, goodbye de Demis Roussos
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Friday, 20 November 2009
Audrey Parily, Totalement Givrée
Mes thèmes récurrents tourneront autour de la réalisation de ses rêves, ainsi qu'autour de l'expatriation parce que ça m'a vraiment changée de quitter la France et que c'est un sujet qui me tient à cœur.
Audrey Parily, Octobre 2009
Audrey Parily est encore inconnue en France. Cependant, cette native de Lyon vient de débuter sa carrière d’écrivain au Québec avec Passionnément Givrée, premier tome d’une trilogie qui tourne autour d’Isa, une Française expatriée dans la Belle Province.
Comme Audrey, Isa est française qui est partie au Québec faire ses études et a fini par décider de rester au Canada. « Ce sujet m'est venu naturellement pour mon premier roman parce que je le connais bien et que je suis d'avis que lorsque l'on commence, il faut écrire sur ce qu'on connait » explique la jeune romancière. « Quand je me suis installée pour écrire Passionnément Givrée, je me suis éloignée des sujets graves qui m'attiraient quand j'étais plus jeune [comme le viol, le deuil ou la Seconde Guerre Mondiale]. Je n'avais plus envie d'être sombre, j'avais envie de joie, de rire, d'amour et de rêve. Pour le moment, mes thèmes récurrents tourneront autour de la réalisation de ses rêves, ainsi qu'autour de l'expatriation parce que ça m'a vraiment changée de quitter la France et que c'est un sujet qui me tient à cœur. » Toutefois, Audrey n’exclut pas un possible retour à ses premières amours plutôt difficiles : « la seconde guerre mondiale m'attire beaucoup mais pour le moment, je ne m'en sais pas capable et je l'admets en tout humilité ce qui ne veut pas dire que je compte rester toute ma vie dans ma zone de confort. [Il] est important de se lancer des défis dans l'écriture, [mais] je connais [mes limites]. Je crois qu'un auteur qui reste tout le temps collé au même thème risque de devenir ennuyeux et de passer à côté de tas d'autres choses. » Manuscrit bouclé et envoyé, cette jeune romancière n’a pas eu à attendre longtemps avant de trouver un éditeur dans son pays d’adoption. « Je pense qu'il est plus facile d'entrer dans le milieu littéraire au Québec qu'en France. J'ai trouvé un éditeur en moins d'un mois. »
C’est à ce moment qu’Audrey décide de prendre un nom de plume et devient Audrey Parily. « Publier un livre est l'une des seules occasions dans la vie où l'on peut choisir soi-même son nom alors je n'ai pas hésité ! J'ai réfléchi plusieurs semaines avant de prendre Paris et Lyon, [car] Paris est la ville que je préfère au monde et Lyon parce que c'est ma ville natale et que je l'adore. » Cependant, cette renaissance n’est pas due uniquement à l’envie de se créer une nouvelle identité par vanité. « Je voulais dissocier ma vie d'auteure de ma vie professionnelle mais plusieurs journalistes ont cité mon vrai nom en même temps que mon nom de plume. Puis un de mes collègues a découvert que j'avais publié un roman et l'a inscrit dans la newsletter de ma boîte donc la frontière entre ma vie plus personnelle et ma vie professionnelle est devenue inexistante. »
Les Editions de Mortagne ont donc signé pour le premier roman de sa trilogie dont le deuxième tome, Merveilleusement Givrée, sort au printemps prochain. C’est tant mieux puisque Audrey a dès le départ connu un « petit succès » : « je ne connais pas encore le chiffre des ventes mais le fait que mon roman soit encore en librairie après six mois, sachant que la durée de vie moyenne d'un livre québécois est de six semaines, c'est déjà un succès. La majorité des critiques ont été bonnes voire très bonnes et j'ai connu une distribution exceptionnelle [en] librairies bien sûr, mais aussi grandes surfaces et pharmacies (au Québec, [les pharmacies] sont presque des petites épiceries avec des médicaments) ce qui a beaucoup aidé. » Toutefois, le bouche-à-oreilles n’a pas (encore) dépassé les frontières de la province du Québec. Mais vu de la fascination que les Français ont pour le Québec, le succès serait assuré. Dans Passionnément Givrée, Isa ne cesse de faire des allers-retours entre le français-français et le français-québécois. Pour une adaptation en France, il faudrait sûrement un glossaire. « Et encore, j'ai fait soft ! » raconte Audrey. « Mais la langue québécoise a beaucoup de particularités ! » Toutefois, la jeune romancière ne compte pas écrire uniquement pour les Québécois. « Je pense qu'il est dommage d'écrire en fonction d'un lectorat bien précis parce qu'on se ferme des portes. Ecrire exclusivement pour [un public cible] c'est ne pas essayer d'aller plus loin, ne pas essayer de se dépasser [pour] atteindre d'autres lecteurs. »
« Quand j'ai commencé Passionnément Givrée, j'écrivais avec l'idée de raconter une histoire, c'est tout. Évidemment, comme la plupart de mes personnages sont québécois et que la majorité de l'histoire se déroule au Québec, il y a des expressions locales dans mes romans parce que je ne voulais pas faire parler des Québécois comme des Français. Malgré ça, j'ose espérer que mon roman pourra toucher tous les lecteurs, qu'ils soient québécois, français ou autre. »
Dans l’éventualité d’une réédition en France, Audrey reste réaliste quant à l’accueil de son roman puisqu’il « serait écrasé par les géants. » Cependant, c’est une jeune femme passionnée qui n’hésite pas à se mouiller pour la promotion de son livre. « Je ferai tout pour qu'il ne reste pas dans l'ombre. Internet et les blogs sont des outils formidables, bien sûr, ce n'est rien comparé à un passage TV mais je suis d'avis que petit à petit l'oiseau fait son nid alors je vais poser lentement chaque pierre à mon édifice et voir sur du long terme. » « J'ai commencé par des séances de dédicaces dans des librairies où j'ai vraiment eu beaucoup de plaisir et ensuite, le grand saut au salon du livre de Québec. Quelle joie de pouvoir rencontrer à la fois des auteurs et des lecteurs ! J'ai plané sur mon petit nuage pendant cinq jours. J'ai tout d'abord pu rencontrer plusieurs [écrivains] blogueurs ainsi que plusieurs auteurs de ma maison d'édition. Quant aux rencontres avec les lecteurs, ce fut au-delà de mes espérances. Le samedi, quelques personnes sont venues exprès pour me voir (moi !), on m'a prise en photo (moi !) et pendant une heure, je n'ai pas arrêté de signer des livres ! Mais, au-delà du succès de vente, ce qu'il me reste de mon premier salon du livre, ce sont toutes ces rencontres humaines, tous ces échanges. Un écrivain sait pourquoi il écrit quand il rencontre ses lecteurs. Entendre quelqu'un parler de ses personnages avec autant de passion qu'on en a eu lorsqu'on les a crées, c'est magnifique. C'est de l'adrénaline. C'est ce qui nous pousse à continuer de nous enfermer chez nous toute la journée, seule face à notre ordinateur. »
Audrey Parily va retenter l’expérience du salon avec Montréal, qu’elle « redoute un peu de peur d'être déçue. Il est énorme, il se tient sur deux étages, il dure six jours, accueille de grands noms alors la petite auteure que je suis craint de passer inaperçue. Je n'ai que trente ans, j'ai encore quarante ans pour écrire des romans et accéder au statut tant envié d'écrivain reconnu. »
En ce moment, entre les dernières corrections de Merveilleusement Givrée et le Salon de Montréal, Audrey Parily s’attèle à un chantier d’un nouveau genre : un roman pour adolescents. « Mon défi principal, je pense, dans l'écriture de mon roman pour ados, c'est de me (re)plonger dans leur univers. Il faut se rappeler ce qui est important à cet âge, que ce que nous considérons avec nos yeux d'adulte aujourd'hui comme une broutille peut être un véritable drame d'ado. C'est tout un défi de replacer les choses dans leur contexte. Ce qui m'intéresse aussi dans le monde des ados d'aujourd'hui, c'est tout le côté technologique dans lequel les ados baignent et que je ne connaissais pas de l'époque de mes 15 ans [comme] Internet, [le téléphone] portable, etc. Comment est-ce que la technologie bouleverse leurs vies ? Autre chose importante selon moi : ne pas laisser notre voix d'adulte prendre le dessus, ne pas faire de moral, ne pas vouloir à tout prix faire passer de message, si on veut parler de sexe, d'alcool, de drogue, il faut le faire avec précaution sans ton moralisateur, ce n'est pas si évident. Je pense qu'il est aussi plus difficile d'écrire pour les ados parce qu'il faut les accrocher dès le début. Ils ont tellement d'autres distractions (télé, jeux vidéos, internet…) que lire devient secondaire. Ce que j'aimerais enfin avec mon roman pour ados, c'est que les adultes puissent le lire et s'y retrouver. Déclencher un peu de nostalgie chez les adultes et toucher les ados seraient pour moi la preuve que j'ai réussi mon roman ! »
Avant l’histoire, Audrey fixe des « personnages principaux, une idée de départ et une d'arrivée ». « Pour moi, l'important dans l'écriture d'un roman, ce sont vraiment les personnages. Je laisse mes personnages me guider et ils me racontent leur histoire jusqu'à la fin. J'ai une relation très spéciale avec [eux], je suis leur marionnette et ils me forcent à écrire ce qu'ils me disent ! A l'origine, Passionnément givrée devrait être un seul roman et puis mes personnages m'ont crié que non, leur histoire n'était pas terminée alors je les ai suivis pour un tome 2 et 3. » D’ailleurs, cette relation particulière avec les personnages ne se cantonne pas uniquement aux siens. En tant que lectrice assidue, Audrey a ses personnages fétiches. « J'aurais adoré créer un personnage aussi complexe et attractif que Darcy d’Orgueil et Préjugés. » Il y a aussi et surtout Scarlett O’Hara d’Autant en emporte le Vent. « Ah quelle femme ! » s’exclame Audrey. « Frivole, vaniteuse, égoïste mais courageuse, déterminée, capable de tenir tête aux hommes, de travailler, de s'occuper de son père malade, de fuir les combats, de sauver la plantation familiale, etc. Sa force m'impressionne et je crois vraiment que c'est ce personnage qui m'a le plus marquée. [J’aime] sa complexité, ses côtés plus négatifs qui la rendent encore plus attachante. [Scarlett] est vivante, réelle pour moi et, un jour, j'aimerais créer un personnage aussi inoubliable qu'elle ! »
« Je voue une véritable passion aux personnages. Il faut qu'il y ait au moins un personnage inoubliable dans un roman pour que je sois emportée par l'histoire. Quand je referme un livre, si quelque chose doit rester de ma lecture, ce sera un ou plusieurs personnages. Tout ça pour dire que j'admire les écrivains capable de donner vie à des êtres de papiers comme s'ils existaient vraiment. »
Toujours motivée, Audrey Parily se dit qu’on « passe tous par des moments de doute, mais il ne faut pas baisser les bras. L'écriture, c'est un peu comme le sport, il faut s'étirer longtemps, pendant plusieurs mois, avant de pouvoir réaliser le grand écart. Il faut aussi essayer de garder le cap même quand les portes de l'édition se ferment. Il faut croire en soi, en ses écrits et ne jamais renoncer. »
© Audrey Parily/ Jo Ann von Haff, octobre/novembre 2009
Pour ceux qui sont à Montréal, Audrey Parily sera au Salon du Livre de Montréal le samedi 21 novembre : 14h 30 à 16h — 18h à 20h et le dimanche 22 novembre : 10h à 12h — 14h 15 à 15h30 !
Pour en savoir plus, cliquez :
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